En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour assurer le bon fonctionnement de nos services.
En savoir plus

Espace 5°

Le moyen age

Par JEAN PHILIPPE BONNAFOUX, publié le lundi 24 septembre 2012 09:18 - Mis à jour le jeudi 16 janvier 2014 14:03

 

On désigne sous ce nom la période de quelque mille ans qui va de la chute de Rome à celle de Constantinople.

Les trois premiers siècles appartiennent à ce que l'on appelle l'« Antiquité tardive » où se réalise l'unité religieuse et économique de l'espace méditerranéen sous l'égide du christianisme

les conquêtes arabo-islamiques des successeurs de Mahomet y mettent fin. Au Xe s., les héritiers de Charlemagne perdent l'autorité sur leurs royaumes. Cet éclatement du pouvoir carolingien donne naissance à la période dite de « la féodalité », qui consiste en un réseau de liens de dépendance entre le seigneur et son vassal. Dans ses châteaux forts, la noblesse développe son mode de vie (chasse, tournois) et cultive ses valeurs (chevalerie), et l'Église dicte ses règles, ses interdits et ses modes de pensée (scolastique).

C'est à cette époque qu'ont lieu les premières croisades en Terre sainte et qu'en Espagne débute la Reconquista.

Le XIIe s. connaît un grand essor économique. Les campagnes sont le lieu d'une production en hausse. Les paysans, libres (vilains) ou non (serfs), y participent grâce aux progrès de la production dus aux innovations techniques (charrues à soc, moulins, assolement triennal). Ce « beau Moyen Âge » est marqué par une convergence de dynamiques démographique, technique (textile et artisanat), économique (diffusion de la monnaie) et commercial (nouvelles routes). L'érection des cathédrales est symbolique de l'essor d'une société où s'affirme le pouvoir royal et émerge une classe nouvelle de marchands et de banquiers, la bourgeoisie. Avec la guerre de Cent Ans, le XIVe et le XVe s. s'accompagnent de crises et de pillages auxquelles s'ajoutent les affres des épidémies (Grande Peste).

 

ARCHITECTURE

L'architecture romane de France ne forme pas une unité incontestable, mais elle comporte un grand nombre d'écoles régionales qui se distinguent parfois très nettement les unes des autres. Pourtant, elle manifeste une vitalité dont l'influence se fera sentir diversement dans la plupart des pays d'Europe.

Les pélerinages répandent le style français en Espagne tandis que les croisades donnent naissance aux églises franco-romanes de Syrie et de Palestine. Les Normands imposent leurs constructions en Angleterre. L'architecture particulière aux ordres monastiques de Cluny et de Cîteaux est imitée presque partout en Europe occidentale, méridionale et centrale.

Réciproquement, certains styles étrangers pénètrent sur le territoire français. Les caractéristiques de l'art Ottonien règnent dans le Nord-Est; l'Alsace et la Lorraine n'appartiennent pas au domaine architectural français mais au domaine rhénan. Les influences mozarabes s'étendent dans le Sud-Ouest et en Auvergne,  celles de la région catalane se trahissent en pays frontalier. En Provence et dans la vallée du Rhône , on trouve des campaniles lombards et des portails émiliens pourvus de lions porte-colonnes.

Nevers, l'église Saint-Étienne

Nevers, l'église Saint-Étienne

Plan et écorché de l'église Saint-Étienne, à Nevers (Nièvre). Art roman, seconde moitié du XIe siècle.

 

LE VITRAIL

Le vitrail est une composition décorative formée de pièces de verre coloré. Depuis le début du Moyen Âge, ces pièces sont assemblées par des baguettes de plomb. Ce procédé, bien qu'aujourd'hui toujours dominant, n'est pas le seul en usage: d'autres techniques, telles que celles du ruban de cuivre. Le verre coloré a été produit depuis les époques les plus reculées. Tant les Egyptiens que les Romains ont excellé dans la fabrication de petits objets de verre coloré. Dans les premières églises chrétiennes du IVe et du Ve siècles, on peut encore observer de nombreuses ouvertures occultées par des motifs en très fines feuilles d'albâtre serties dans des cadres en bois, donnant un effet de vitrail primitif. Des effets semblables ont été atteints avec une plus grande sophistication par des créateurs musulmans en Asie mineure en utilisant le verre coloré en lieu et place de la pierre.

En tant que forme artistique, la technique du vitrail atteint sa plénitude au Moyen Âge. Durant les périodes romane et gothique primitif (950 à 1240), les ouvertures se développèrent exigeant de plus grandes surfaces vitrées. La stabilité était assurée par de robustes cadres de fer. Ces modèles sont encore visibles dans la cathédrale de Chartres et à l'extrémité orientale de la nef de la cathédrale de Canterbury.

Avec le développement ornemental de l'architecture gothique, les ouvertures devinrent de plus en plus grandes, améliorant l'éclairage des intérieurs. L'architecture gothique innova en introduisant un cloisonnement des fenêtres par des piliers verticaux et des motifs de pierre. La complexité de ces ouvertures atteignit son apogée dans les immenses baies du style flamboyant européen.

Intégrés à la tendance à l'élévation verticale des cathédrales et des églises paroissiales, les vitraux devinrent des créations de plus en plus audacieuses. La forme circulaire, ou rosace développée en France, évolua à partir de percements relativement simples dans les parois de pierre jusqu'aux immenses rosaces, comme celle du fronton ouest de la cathédrale de Chartres. Ces modèles atteignirent une énorme complexité, la dentelle de pierre étant ramifiée en centaines de différents points, comme dans la Sainte-Chapelle à Paris.