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Espace 4°

La liberté guidant le peuple

Par JEAN PHILIPPE BONNAFOUX, publié le vendredi 19 octobre 2012 14:19 - Mis à jour le jeudi 3 juillet 2014 11:01

HISTOIRE DES ARTS

 

Eugène DELACROIX

La liberté guidant le peuple

                                           

 

 

 

La Liberté guidant le peuple est une huile sur toile d'Eugène Delacroix réalisée en 1830, inspirée de la révolution des Trois Glorieuses. Présentée au public au Salon de Paris de 1831, l'œuvre est transférée du musée du Luxembourg (où elle était exposée depuis 1863) au musée du Louvre en 1874. Par son aspect allégorique et sa portée politique, elle a été fréquemment choisi comme symbole de la République française ou de la démocratie.

 

 

                                                                             

L'œuvre assez imposante (325 cm * 260 cm) fut réalisée entre les mois d'octobre et de décembre 1830. La scène se passe à Paris, comme l'indique les tours de la cathédrale Notre-Dame qui émergent des fumées du dernier plan. Une foule d'émeutiers franchit une barricade. Au premier plan, associés aux matériaux - pavés et poutres - que forment cette barricade, les corps de soldats morts apparaissent tordus et comme désarticulés. Un ouvrier ou un paysan blessé, foulard noué sur la tête, émerge des décombres, le corps et le regard tendus vers une femme du peuple, coiffée d'un bonnet phrygien qui laisse s'échapper des boucles. Celle-ci est représentée en pied, brandissant un drapeau tricolore et occupe de fait une place importante. Sa poitrine est en partie découverte. On distingue quatre autres personnages aux abords de la barricade : deux enfants des rues - l'un coiffé d'un béret brandissant des pistolets de cavalerie, l'autre coiffé d'un bonnet de police s'agrippant au pavé - un bourgeois ou un étudiant à haute-forme, les genoux sur la barricade et un ouvrier portant béret, un sabre briquet à la main et sa banderole sur l'épaule. Les couleurs dominantes sont les bleus, blancs, et rouges qui émergent des teintes grises et marrons. Réalisée à partir d'esquisses tracées par l'auteur dès septembre, elle s'inscrit dans un triangle dont le sommet est le drapeau.

Cette œuvre représente une scène allégorique inspirée des Trois Glorieuses, soulèvement populaire contre Charles X, qui dura trois jours, les 27, 28 et 29 juillet 1830. Charles X ayant instauré des lois dites liberticides, le peuple se révolta puis le renversa. Louis-Philippe le remplaça dans la « Monarchie de juillet ».

L'artiste lui-même appartient à une longue lignée de grands révolutionnaires, qu'a produite le « pays des révolutions ». Mais Delacroix lui-même n'a rien d'un révolutionnaire. De son propre aveu, il a traversé les événements de juillet 1830 comme « un simple promeneur ». Il est cependant établi qu'il s'est rendu au Louvre pour protéger les collections des combats. Delacroix n'acceptait pas les normes de l'Académie.

Sur le personnage au chapeau, à gauche de la Liberté, les critiques pensaient que Delacroix avait fait un autoportrait, mais de nos jours encore la question reste en suspens. La Liberté unit les deux peuples : les faubourgs et la bourgeoisie révolutionnaire. Même s’ils s’opposent par nature, les deux peuples veulent tous les deux la liberté.

Delacroix joue sur un registre patriotique en restreignant volontairement sa palette de couleur et disséminant dans le tableau les trois couleurs du drapeau national. C'est ce qu'on appelle un leitmotiv. Il produit un effet d'identification : on se sent appelé, on sent qu'on fait partie du peuple - même si celui-ci est dépeint sous des traits ambigus.